Typo du 20e siècle

Auteur : Lewis Blackwell

Édition : Flammarion, 1994 (traduction de « Twentieth Century Type », 1992)

ISBN : 208011052

Le plan de ce livre a l'avantage d'être simple. Pour tous les apprentis typographes ou graphistes, cet historique constitue donc d'abord une source d'inspiration pour recréer les styles que la mode a attachés à une époque. En effet, il est étonnant de voir comment la typographie, ce vecteur de communication a priori transparent, a su capter l'air du temps au point que certaines polices de caractères Art Déco évoquent le Paris des années folles aussi sûrement que la haute couture et la musique. Dans un monde où l'esthétique peut être une arme marketing, la capacité d'évoquer un passé qui posséderait les qualités à mettre en valeur est une capacité à cultiver.

Ce livre démontre également les enrichissements croisés entre art et technique. La forme des lettres a en effet subi l'effet des tendances artistiques, en particulier en provenance de la peinture, de l'architecture ou de la publicité. Mais le moteur le plus constant de son évolution a été les techniques de reproduction. Ainsi le dernier siècle a vu se succéder quatre type de composition : la composition froide, la composition chaude, la photocomposition et la composition numérique. Chacune a en général mis une décennie pour supplanter la précédente dans les usages les plus courants en cantonnant les anciennes méthodes dans des usages toujours plus particuliers. Mais, à chaque fois, en même temps qu'elle apportait une productivité toujours plus grande, elle s'accompagnait de contraintes sur le dessin de caractères. Aussi à chaque époque, il a fallu revisiter les classiques. Le Garamond, classique parmi les classiques, a ainsi été repris de maintes fois, plus ou moins étroitisé selon le coût du papier, plus ou moins épaissi selon la diffusion de l'encre. Mais comme les tissus permettent de nouvelles expressions de la haute couture, ces variations ont stimulé les créateurs de caractères plus qu'elles ne les ont contraints. À ce titre, l'auteur concluait en 1992 que le facteur principal allait devenir le rendu des polices sur écran. Il ne pouvait mieux prévoir : en 1996, Microsoft et Monotype ont joint leurs efforts pour proposer aux internautes le Verdana et le Georgia (utilisé pour cette page si votre système le possède) pour garantir une lisibilité accrue des pages web.

cotation : 3/5

- Jean-Philippe Papillon, 27 mars 1999

Table des matières

Introduction

1890

1900

1910

1920

1930

1940

1950

1960

1970

1980

1990


© Aglossa, 1999