juillet 04, 2003

Rencontre impromptue avec le Traffic Control

Dans le cadre du ménage d'été, un collègue envoyait des emails à l'archivage (nous avons mis en place Mhonarc avec une passerelle POP3), soit un trafic de l'ordre de 100 Mo. Cela a pratiquement stoppé l'accès Internet des autres usagers.

J'ai eu alors l'occasion de découvrir que Mandrake Multi Network Firewall n'utilise aucun des dispositifs de Traffic Control de Linux alors que cette distribution joue avec les bits TOS (type of service) au niveau du filtrage de paquet.

A moi donc qdisc, tdf et autre sfq pour mettre en place Diffserv. Heureusement la HOW-TO est très bien faite. La semaine prochaine, l'incident de cette semaine ne pourra plus se reproduire.

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juillet 03, 2003

Brevetabilité des logiciels

Dans tout le bruit autour du projet de directive européenne, il y a quelques arguments de bon sens que j'entends peu ou pas.

D’abord il y a les arguments de l’impraticabilité.

Contrairement à la protection simple de la propriété intellectuelle qui a besoin d’un enregistrement pour prouver a posteriori l’antériorité en cas de dispute, les bureaux des brevets nationaux et supranationaux devront être capables d’apprécier a priori la nouveauté substantielle apportée par un logiciel. Quand il est déjà difficile pour une entreprise de développement de suivre les différentes versions de ses logiciels dont les fonctions évoluent de façon hebdomadaire (pour résoudre ce problème, on a bien sûr conçu des… logiciels de versioning, type CVS), on imagine mal le cauchemar logistique.

Ensuite il sera difficile de définir le périmètre de la brevetabilité. Au niveau des algorithmes, il ne faut pas oublier que bon nombre de logiciels actuels s’appuient sur des algorithmes anciens rendus praticables par le développement de la puissance des ordinateurs et des réseaux. Même Google et son fameux Pagerank (breveté aux États-Unis) n’a rien de très original du point de vue mathématique. Son avance technologique repose finalement plus sur son réseau de 15000 serveurs, sa capacité à offrir régulièrement de nouveaux services… Comment alors traiter un logiciel mélangeant 99% de trivial et de 1% d’original ?

Ensuite au niveau des interfaces utilisateurs, par définition un nouvel entrant sur un créneau de logiciels cherche à faciliter la transition des utilisateurs. Aussi son interface s’inspire-t-elle du leader du marché qui voudra se protéger par des brevets. Cela nous amène tout de suite à la question de l’utilité collective.

Le brevet a pour objet d’accorder une exclusivité pendant une période donnée dans le but de favoriser l’innovation. Dans un monde de produits industriels, ce moyen a été considéré comme approprié parce que la mise au point peut être longue et coûteuse et que la copie est facile parce que les produits circulent et peuvent être facilement soumis à l’analyse des concurrents. A titre indicatif, rappelons que tous les grands constructeurs automobiles démontent les voitures de leurs concurrents jusqu’au dernier boulon. Pour le logiciel, le développement est également long et coûteux mais le reverse engineering est une activité encore plus longue voire irréalisable à tel point que, dès qu’une entreprise comme Microsoft se trouve en situation de monopole de fait, on lui impose d’exposer des API internes pour permettre aux compétiteurs de proposer des offres concurrentielles.

D'un autre côté, les juristes du droit de la propriété intellectuelle font remarquer que la tentative des sociétés informatiques de s'appuyer sur le droit des oeuvres intellectuelles a perverti ce système avant tout destiné aux oeuvres d'art. Et c'est d'ailleurs face au "incongruités" de ce droit (droit de l'employé par rapport à son employeur...) que les majors du software auraient changé leur fusil d'épaule.

Finalement, ne faut-il pas conclure que le développement informatique est devenu une activité significative et qu'il mérite un droit spécifique ?

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